Histoire du studio – 4

une danseuse peu académique !

Vous l’avez compris, j’ai fait le choix de ne pas continuer à chanter. Car oui, c’est là que j’ai donné raison aux autres. Même si je n’étais pas née avec une voix qui interpelle le public, j’aurais pu décider de suivre des cours de chant. Prendre des avis autour de soi, pourquoi pas, mais jusqu’à un certain point…

On se retrouve donc au milieu des années collège. Et toujours pas de danse ?

Et bien si, mais pas comme on pourrait se l’imaginer. Là où la plupart des petites filles font de la danse classique ou du modern jazz, ou même les deux ! Moi j’avais déjà investi ce qu’on appelle le « dance floor ».

J’ai eu la chance de partir en vacances chaque été depuis mon enfance jusqu’à mes dix-sept ans. Durant un mois, chaque semaine, je m’enflammais sur la piste du camping l’eau vive des Arcs sur Argens dans le Var.

Oui, vous avez bien lu, mes premières expériences de danse sortie de ma chambre sont avec Abba, Michaël, Enrique, Ricky, Zouk Machine… qui faisaient les tubes de l’été.

Et ils n’avaient qu’à bien se tenir, je ne dansais pas que le jerk !

Les soirées dansantes du camping étaient mon moment d’évasion et d’expression. La musique m’entraînait dans le mouvement, j’investissais mon corps depuis la tête jusqu’à mes orteils et je créais.

Il n’était pas question pour moi de m’en tenir à danser le Mia, enfermée dans un pas basique, certes stylé, mais qui avait tendance à scléroser les muscles au-delà de deux minutes.

J’étais en recherche permanente de nouveaux mouvements à l’intérieur de ma danse. C’était mon truc : ne pas entrer dans la facilité d’un pas que je répèterais toute la musique durant, mais au contraire, laisser le rythme et les paroles m’emmener vers de la nouveauté. Je me souviens encore du plaisir ressenti lorsqu’un mouvement à chemin entre l’expression libre et l’ancrage contrôlé se formait.

Je n’étais certes pas dans un conservatoire mais j’avais investi dans l’environnement qui se présentait une démarche créative qui m’apportait beaucoup de plaisir.

Ce qui est drôle quand j’y repense, c’est que je recevais des compliments de mon public non sollicité, et cela m’importait peu.

Vous vous y attendiez à la danseuse de chambre option camping ?

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